Chariot élévateur : quelles obligations pour l'autorisation de conduite ?
La réponse en bref
Pour tout chariot à conducteur porté, l'employeur doit former le cariste et lui délivrer une autorisation de conduite écrite, après attestation médicale, contrôle des compétences et information sur le site. Le CACES® R489 est la référence, sans être exigé par la loi.
Quels chariots sont concernés ?
L'arrêté du 26 septembre 2025 soumet à autorisation tous les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté. Cela couvre les transpalettes et gerbeurs à conducteur porté (catégories 1A et 1B du R489), les chariots élévateurs en porte-à-faux, dont la catégorie 3 jusqu'à 6 tonnes, la plus répandue, et les chariots à mât rétractable. Le chariot télescopique est aussi concerné, mais son CACES® de référence est le R482 catégorie F : un cariste R489 doit passer cette catégorie pour le conduire.
La catégorie se lit sur la plaque du constructeur. La Cnam précise qu'un chariot de capacité nominale 7 tonnes, réduite à 5,5 tonnes par un équipement interchangeable, relève de la catégorie 4 et non de la 3 : c'est la capacité nominale qui compte.
Le CACES® suffit-il pour conduire ?
Non. Il atteste du contrôle des compétences, mais l'employeur doit aussi disposer de l'attestation d'absence de contre-indication médicale, délivrée pour 5 ans par le médecin du travail depuis le 1er octobre 2025, et s'assurer que le cariste connaît le site : sens de circulation, zones piétonnes, quais, rampes. Il signe ensuite l'autorisation.
Certaines utilisations demandent plus que le CACES® de base. Pour tracter des remorques avec un chariot de catégorie 3, la Cnam exige en plus le CACES® de catégorie 2B ou une évaluation complémentaire. Pour un chariot embarqué sur camion, une formation spécifique complète la catégorie 3. Et un CACES® R489 ne permet pas d'autoriser la conduite d'un gerbeur à conducteur accompagnant.
Peut-on délivrer l'autorisation sans CACES® ?
Oui, la loi le permet : le Code du travail exige un contrôle des connaissances et du savoir-faire, pas un CACES®. Une formation sanctionnée par une évaluation théorique et pratique sur le chariot peut donc fonder l'autorisation. La Cnam recommande toutefois le CACES®, plus facile à justifier lors d'un contrôle ou après un accident, et reconnu par les autres employeurs. Pour un intérimaire, l'entreprise utilisatrice délivre l'autorisation pour la durée de la mission.
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Textes de référence
- Arrêté du 26 septembre 2025 relatif à la formation à la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements de levage de charges ou de personnes (art. 1 à 3), qui abroge l'arrêté du 2 décembre 1998.
- Code du travail, art. R4323-56 (rédaction issue du décret n° 2025-355 du 18 avril 2025, en vigueur le 1er octobre 2025) : autorisation de conduite et attestation d'absence de contre-indication médicale.
- Code du travail, art. R4323-55 : formation adéquate des conducteurs d'équipements de travail mobiles automoteurs et de levage.
- Recommandation Cnam R489 (CACES® chariots à conducteur porté).
- FAQ CACES® 2020 de la Cnam, édition 6 (applicable au 1er janvier 2024). Questions U.004, U.005, U.015 et U.026.
- INRS, dossier « Caces », page « Autorisation de conduite ».
