
Métallurgie, sidérurgie & travail du métal
À propos
La métallurgie, la sidérurgie et le travail du métal emploient environ 400 000 salariés en France, répartis dans plus de 40 000 entreprises couvrant la production d'acier, d'aluminium et d'alliages, l'usinage, la chaudronnerie, la fonderie, le traitement de surface et la construction métallique. Le chiffre d'affaires du secteur dépasse 120 milliards d'euros. Le taux de fréquence des AT avoisine 30 pour 1 000 salariés, avec une proportion élevée d'accidents graves impliquant des coupures profondes, des écrasements et des brûlures.
400K
salariés en France
23,3
IF pour 1 000 sal.
90K
AT avec arrêt/an
Les risques mécaniques sont omniprésents, notamment presses, cisailles, tours, fraiseuses, rectifieuses génèrent des risques de coupure, d'écrasement et de happement à chaque poste. Les fonderies exposent les opérateurs aux projections de métal en fusion, aux températures extrêmes et aux fumées métalliques. Les soudeurs, premier métier du secteur en termes d'effectifs exposés : inhalent des fumées de soudage classées CMR (chrome, nickel, manganèse) et sont exposés aux rayonnements UV. Les traitements de surface (galvanisation, chromage, zingage) utilisent des bains d'acides et de métaux lourds hautement toxiques.
Les habilitations électriques sont requises pour les interventions sur les fours à arc, les machines à commande numérique et les robots de soudage. Les ponts roulants, potences et chariots élévateurs sont utilisés quotidiennement pour la manutention de pièces lourdes, nécessitant des CACES R484 et R489. Le travail en hauteur est fréquent en construction métallique (charpentes, structures, pylônes) et les espaces confinés (cuves, réservoirs, chaudières) sont des lieux d'intervention réguliers pour les chaudronniers et les soudeurs.
Les principaux risques à connaître
L'article R. 4224-15 du Code du travail impose à l'employeur d'assurer la présence en permanence d'un sauveteur-secouriste du travail (SST) dans tout atelier où sont effectués des travaux dangereux, et sur tout chantier employant 20 travailleurs ou plus pendant plus de 15 jours. La circulaire DRT n°90-3 du 9 janvier 1990 élargit cette obligation à tous les lieux de travail. Les SST doivent être formés par un organisme habilité par l'INRS ou la CRAMIF et leur recyclage doit être assuré tous les 24 mois.
La norme NF C 18-510 et le décret n°2010-1016 du 30 août 2010 (codifié aux articles R. 4544-1 à R. 4544-11 du Code du travail) imposent à l'employeur de s'assurer que tout salarié exécutant, dirigeant ou surveillant des opérations sur ou à proximité d'ouvrages électriques dispose d'une habilitation électrique en cours de validité. L'employeur doit organiser la formation, évaluer les compétences, délivrer le titre d'habilitation écrit et le renouveler périodiquement. Le non-respect expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement en cas d'accident grave.
Les articles R. 4323-1 et suivants du Code du travail et les recommandations de l'INRS imposent à l'employeur de s'assurer que les travailleurs intervenant sur des équipements industriels (consignation mécanique, travaux sur machines dangereuses) disposent des compétences et habilitations requises. Le respect des procédures LOTO (Lock Out / Tag Out) et des habilitations associées conditionne la délivrance des autorisations de travail et constitue une obligation de résultat pour l'employeur en matière de prévention des risques mécaniques.
Les articles R. 4227-28 à R. 4227-40 du Code du travail imposent à l'employeur de former des travailleurs désignés à la manœuvre des moyens de premier secours et à l'évacuation. Pour les établissements recevant du public (ERP), le règlement de sécurité contre l'incendie (arrêté du 25 juin 1980) renforce ces obligations. L'employeur doit constituer une équipe de sécurité incendie, organiser des exercices d'évacuation au moins deux fois par an et former ses équipiers de première intervention (EPI) et de seconde intervention (ESI).
Les articles R. 4412-1 à R. 4412-57 du Code du travail transposent les directives européennes sur les agents chimiques dangereux et imposent à l'employeur d'évaluer les risques, de substituer les produits dangereux quand c'est possible, et de former les travailleurs exposés. Cette formation doit porter sur les risques des agents chimiques présents, les résultats des mesures d'exposition, les procédures en cas d'accident ou d'incident, et l'utilisation des EPI. Pour les CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), les obligations sont renforcées par les articles R. 4412-60 à R. 4412-93.
L'article L. 4121-1 du Code du travail fait obligation à l'employeur de protéger la santé physique de ses salariés, notamment vis-à-vis des troubles musculo-squelettiques (TMS), première cause de maladies professionnelles en France. La formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique), recommandée par l'INRS et l'Assurance Maladie, répond directement à cette obligation. Les accords de branche du BTP, de l'industrie et du secteur médico-social renforcent souvent cette exigence, et l'employeur peut voir sa responsabilité engagée en cas de sinistre faute d'avoir formé ses salariés.
Les recommandations CNAM (R. 482 à R. 489 selon les catégories d'engins) préconisent la certification CACES® pour tout opérateur conduisant des engins de chantier, chariots élévateurs, plateformes élévatrices ou grues. Bien que juridiquement fondé sur l'article R. 4323-55 du Code du travail (autorisation de conduite), le CACES® constitue en pratique la preuve opposable attendue par l'inspection du travail et les assureurs. L'employeur doit s'assurer que ses salariés sont certifiés et que leur habilitation est en cours de validité (5 ans).
L'article R. 4323-55 du Code du travail impose à l'employeur de délivrer une autorisation de conduite écrite pour tout salarié utilisant un équipement de travail mobile automoteur ou servant au levage. Cette autorisation, distincte du CACES®, est basée sur une évaluation médicale d'aptitude, un contrôle des connaissances et une vérification des compétences pratiques réalisés par l'employeur. Elle doit être actualisée en cas de changement de matériel ou de conditions d'utilisation.
Les enjeux de demain...
La nouvelle convention collective de la métallurgie, entrée en vigueur en 2024, a profondément restructuré les classifications et les parcours professionnels, intégrant la maîtrise des compétences sécurité comme critère de positionnement dans les nouvelles grilles. Cette réforme pousse les entreprises à documenter et à certifier les habilitations de leurs salariés de façon beaucoup plus rigoureuse qu'auparavant, sous peine de contentieux en classification.
La décarbonation de la sidérurgie : passage du haut-fourneau au four à arc électrique alimenté par hydrogène : représente la transformation industrielle la plus lourde du secteur depuis des décennies. Elle va créer de nouvelles zones ATEX (hydrogène), de nouveaux risques électriques haute tension et nécessiter la requalification de milliers de sidérurgistes. En parallèle, la directive européenne sur les agents chimiques abaisse les VLEP des fumées de soudage, ce qui impose une mise à jour des formations aux risques chimiques pour l'ensemble des ateliers de soudage et de fonderie. La pénurie de soudeurs, chaudronniers et usineurs qualifiés reste aiguë, obligeant les entreprises à recruter et former des profils sans expérience industrielle.
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